Archive for novembre, 2007

Scénographie

mercredi 21 novembre 2007

La scénographie d’un concert d’Iberia en re-recording doit mettre en lumière l’interaction entre l’homme et la machine, entre le concertiste qui joue d’une vraie guitare et le dispositif technique qui restitue le son pré-enregistré d’une deuxième guitare.

La scénographie doit être élégante, évidente, Mac-friendly, comme sur cette vidéo :

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Artisan, bis

dimanche 18 novembre 2007

Le modèle du musicien classique, c’est Haydn. Joseph Haydn qui, en 1791, a l’audace de répondre à l’invitation de l’impressario Salomon, lui même musicien ; et quitte sa position avantageuse de musicien attaché au prince Esterhazy pour s’aventurer à Londres.

Haydn accepte les termes du contrat suivant : il s’engage à faire le voyage à Londres pour y diriger vingt concerts, comportant chacun une première audition d’une œuvre de lui. De plus, il devait composer un opéra pour l’impressario Gallini et six symphonies pour les concerts Salomon. Il recevrait trois cents livres sterling pour l’opéra, autant pour les six symphonies, deux cents pour le copyright, deux cents pour sa participation aux vingt concerts et deux cents de garantie sur les bénéfices.

À la création de la symphonie n° 104 lors du second voyage à Londres en 1795, Haydn pouvais noter dans ses carnets : « une nouvelle symphonie en ré, la douzième et dernière des anglaises… L’auditoire était très satisfait, et moi aussi. Cette soirée m’a rapporté 4000 florins. Une telle chose n’est possible qu’en Angleterre ». La pension annuelle qu’Haydn touchait alors de la famille Esterhazy était de 1000 florins.

Artisan

samedi 17 novembre 2007

Les musiciens classiques sont des artisans. En tant que tels, les musiciens sont porteurs d’un savoir-faire, d’un métier, d’un talent, d’un goût pour la tradition et la création. Comme les artisans, les musiciens maîtrisent parfaitement leur art. Ils expriment les idées de leur temps, les aspirations et l’esprit de leurs contemporains. Comme les artisans, les musiciens ont à être ambitieux s’ils veulent développer leur commerce, élargir leur clientèle (leur public). Et comme pour les artisans, l’ambition des musiciens requiert des moyens — les moyens de ses ambitions. À savoir, en plus de ce qui fait l’artiste et qui a été dit pour commencer, le métier, le savoir-faire, etc., les musiciens ont besoin de capitaux, d’une logistique, de circuits de distribution, de concerts, d’intermédiaires qui les représentent et les présentent au public.

P2P encore

vendredi 16 novembre 2007

Lu dans l’éditorial du dernier numéro de Guitare Classique :

Rendez-vous compte de la révolution lancée par l’ère du numérique. Plus d’objets-disques, plus de jaquettes, plus de distributeurs, mais des musiques et images à télécharger (…) Que de bouleversements dans les habitudes de consommation musicale depuis l’apparition du microsillon en 1948, avant que lui-même soit supplanté par l’avènement du disque vinyle, de la cassette audio, puis du CD au début des années 1980.

P2P

jeudi 15 novembre 2007

Lors d’un congrès de téléphonie mobile, le président et directeur de la Warner, Edgar Bronfman a reconnu sur scène que l’industrie de la musique n’avait pas eu la réaction qui convenait face aux changements des usages de ses clients :

Nous nous sommes trompés… nous avons cru que notre contenu se suffisait à lui-même. Nous avons pensé que notre business ne serait pas affecté par le monde de l’interactivité, de la connexion permanente et du partage de fichiers. Nous avons eu tort, comment ? En restant immobiles ou en avançant trop lentement, nous sommes rentrés en guerre avec les consommateurs en refusant de voir ce qu’ils désiraient et le résultat est qu’ils ont gagné.

Le consommateur est roi donc. Le nouveau roi. Un roi confondu avec ses sujets, les « producteurs de contenu ». On eût dit jadis les musiciens, les artistes, les interprètes, les compositeurs. Mais ce serait aujourd’hui un abus de langage. Reste à choisir les termes appropriés et à s’entendre sur les définitions. S’il n’y a plus finalement ni roi ni sujet, si le régime démocratique n’en finit pas de s’étendre, prenons le pari à cent contre un que la distance entre le public et les musiciens finira de se combler dans les meilleurs délais. L’internet est le règne de la sociabilité amicale généralisée, de la tape dans le dos, du bien être à tu et à toi. D’autres le regretteront, ailleurs. Ici on s’en réjouira.

songza.com

jeudi 15 novembre 2007

Songza est nouveau moteur de recherche de musique sur Internet.

  • C’est un moteur de recherche. — On tape un titre, un musicien, un compositeur, dans une boîte de recherche unique à la google, et on obtient un résultat immédiatement, dans la même page que celle dans laquelle on a lancé la recherche.
  • C’est un jukebox. — Les titres retrouvées sont joués directement dans la page de résultat. Pas la peine de lancer une application supplémentaire, de télécharger un fichier etc.
  • La musique retrouvée est celle disponible gratuitement sur youtube. La bande son est séparée de la vidéo. Dans la page de résultat, il y a un lien vers http://google.com/musicsearch avec le titre en paramètre. C’est sans doute le modèle économique de songza.com. Le site amène les internautes vers certains sites d’achat de musique en-ligne.

Autres sites :

L’origine

mercredi 14 novembre 2007

Ce projet un peu fou de transcrire l’intégrale d’Iberia pour deux guitares remonte à une quinzaine d’années, au début des années quatre vingt dix. A l’époque où je quittais à peine les bancs de l’Ecole Normale Alfred Cortot, salle Emilio Pujol où avaient lieux les cours de mon cher maître Alberto Ponce.

Je formais alors un duo de guitare avec Marcelo. Je l’avais rencontré lors des fameux masterclasses de Ponce à La Coûme, dans les Pyrénées orientales. Tout près de Prades et du petit village de Molitg-les-bains où habitait Pablo Casals pendant son exil.

Les stages de La Coûme étaient littéralement baignés de musique espagnole. Musique dont Alberto Ponce nous faisaient partager les secrets, goûter les sortilèges. Tarrega, Llobet, Pujol, et bien sûr Falla, Granados et Albeniz déjà. Pas encore l’Albeniz d’Iberia mais celui des petites pièces de salon, ces tangos et habaneras composés dans la jeunesse, et bien sûr, les inévitables Granada, Asturias et Sevilla de la Suite Espagnole. Justement, un de mes morceaux favoris à l’époque était Mallorca, magnifique pièce que je transcrivais déjà et jouais dans les concerts de Mosset et de Serrabone, et qui préfigure, quoique un peu timidement, les chefs d’oeuvres des années 1906-1908.

J’étais toujours sous le choc de la découverte, autour de mes vingt ans, de l’univers de Debussy : les Estampes, Préludes pour piano, et surtout les mélodies sur de poèmes de Verlaine, Ariettes oubliées, Fêtes Galantes, et encore les cinq poèmes de Charles Baudelaire, dont le Balcon que j’écoutais en boucle.

Aussi, quand je découvris Evocacion, première pièce du cycle Iberia, ce fut une révélation, comme l’union tant attendue, inéluctable, entre l’Espagne et la France, entre Mallarmé et Lorca, le flamenco et l’impressionisme, Goya et Monet, l’absinthe et l’aguardiente. Et cette atmosphère fin de siècle dont raffolent les adolescents :

Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !

Point de vue

mardi 13 novembre 2007

Dans l’équipe iberialbeniz, nous faisons le même constat sur l’évolution de la société en matière de production, diffusion et consommation de musique, et partageons l’opinion sur le fait que cette évolution concerne non seulement les musiques de variétés, les musique actuelles, mais aussi celles que l’on appelle encore « classiques ».

Avec notre label La Follia Madrigal, nous restions, dans tous les cas, propriétaires de l’enregistrement. Or ce ne serait pas forcément le cas si nous proposions, comme je l’avais pensé un moment, notre enregistrement en licence pour une maison de disque ayant un distributeur (ce qui n’est plus le cas de la Follia).

Pourquoi ?

dimanche 11 novembre 2007

J’ai pris la décision d’auto produire mon projet de A à Z. Les maisons de disques ne s’intéressent pas à un tel projet, et à aucun projet vraiment artistique, d’ailleurs. Elle n’investissent plus, se contentent de gérer leur fond de catalogue. Même chose pour les éditeurs de musique, qui ont fusionnés et ont été rachetés par Universal, BMG, etc.

L’avenir est au tout numérique : ipod, itunes. On récupère la musique sur son téléphone portable, on l’écoute à la maison. Radiohead a rompu avec la maison EMI et propose son dernier album, auto produit, en téléchargement sur internet.

C’est décidé : Je produis, avec mon équipe de la Follia Madrigal ; Francis, ingénieur du son et Nicolas, directeur artistique ; l’enregistrement en rerecording. Je propose cet enregistrement sur Internet, en téléchargement. Je le fais connaitre à la presse : Diapason, Monde de la Musique, Guitare Classique.

J’édite moi-même mes transcriptions d’Iberia, je les diffuse grâce au web. Un site est créé : iberialbeniz.com. Je trouve des financements pour l’ensemble du projet. J’engage une personne chargée de l’administration. Une tournée de concerts est organisée. Elle aura lieu en 2009. Année du centenaire de la mort d’Issac Albeniz.

C’est parti

samedi 10 novembre 2007

Le projet est lancé !