Artisan, bis

dimanche 18 novembre 2007

Le modèle du musicien classique, c’est Haydn. Joseph Haydn qui, en 1791, a l’audace de répondre à l’invitation de l’impressario Salomon, lui même musicien ; et quitte sa position avantageuse de musicien attaché au prince Esterhazy pour s’aventurer à Londres.

Haydn accepte les termes du contrat suivant : il s’engage à faire le voyage à Londres pour y diriger vingt concerts, comportant chacun une première audition d’une œuvre de lui. De plus, il devait composer un opéra pour l’impressario Gallini et six symphonies pour les concerts Salomon. Il recevrait trois cents livres sterling pour l’opéra, autant pour les six symphonies, deux cents pour le copyright, deux cents pour sa participation aux vingt concerts et deux cents de garantie sur les bénéfices.

À la création de la symphonie n° 104 lors du second voyage à Londres en 1795, Haydn pouvais noter dans ses carnets : « une nouvelle symphonie en ré, la douzième et dernière des anglaises… L’auditoire était très satisfait, et moi aussi. Cette soirée m’a rapporté 4000 florins. Une telle chose n’est possible qu’en Angleterre ». La pension annuelle qu’Haydn touchait alors de la famille Esterhazy était de 1000 florins.

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Une Réponse to “Artisan, bis”

  1. Frédo Says:

    Artisan ET bourgeois. Voilà le musicien classique. Il est bourgeois, comme tout le monde à l’ère bourgeoise, parce qu’il monétarise son activité professionnelle. Ce n’est plus un dilettante, un noble qui joue en amateur. Ce n’est plus le vassal d’un seigneur, au mieux, ou bien, au pire, le domestique d’un grand. Et depuis longtemps déjà, ce n’est plus un membre du personnel religieux, exécutant de la partie musicale de la liturgie chrétienne. L’émancipation du musicien à l’ère bourgeoise suit celle des artisans qui ont acquis le droit de s’enrichir. La période actuelle s’inscrit dans cette continuité. La fin est la même, ce qui change, ce sont les moyens d’y parvenir. Avec l’Internet, tous les biens, y compris les biens culturels, empruntent de nouveaux circuits pour atteindre leur clientèle. On espérera des relations moins dissymétriques entre les producteurs et les consommateurs. On en doutera en observant dans les rues les badauds plugués à leurs mp3.


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