Archive for décembre, 2007

David Byrne

dimanche 30 décembre 2007

David Byrne, des Talking Head, explique dans Wired les évolutions du business de la musique.

Rerecording et marxisme

jeudi 27 décembre 2007

Quand Harpo Marx jouait en rerecording, c’était un moment de pure poésie. Il joue avec lui-même. Il s’entend jouer. Il se voit jouer. Il est acteur et spectateur d’un rêverie dont il est l’unique personnage, réfléchi à l’infini.

À quoi pense Harpo ? On s’interroge. Dans les films des Marx Brothers, il est muet, ce qui n’a rien d’étonnant pour un musicien. Les enfants, muets eux-mêmes, l’adorent. Ses poches débordent d’un bazar hétéroclite. S’il a une voiture, il soulève le siège arrière et y cache tout ce qu’il ramasse. Harpo n’est pas maladroit, il n’y a qu’à le voir tenant sa harpe, harpo est malicieux, il fait des bêtises et transforme en jeu ce qu’il touche.

Le jeu de Harpo à la harpe a toutes ces caractéristiques, spécialement dans cette scène enregistrée en rerecording. C’est la rêverie d’un enfant malicieux, qui, à tout instant, va à sa fantaisie, évite les catastrophes au dernier moment et émerveille ses parents.

Boutique en-ligne Deutche Grammophon

vendredi 21 décembre 2007

La musique classique a sa boutique de vente de disques en ligne. Deutche Gramophon l’a fait. Est-ce vraiment une surprise de voir cette vénérable maison, ce temple du conservatisme musical, prendre en marche le train des nouvelle technologies ? On y remplit son caddy de CD, mais aussi de MP3 320 (façon plaisante de mettre en avant la qualité du mp3). De là, on peut rebondir sur un site de marchandising qui propose des goodies de Lang Lang, le Che Guevara de la musique classique.

Mais respectons l’avenir qui est tout élégance, grâce et beauté :

Distribution

jeudi 20 décembre 2007

Comment distribuer sa musique de façon indépendante, sans passer donc par les majors de l’industrie discographique ?

Habituellement, les musiciens distribuent leur musique par l’intermédiaire d’un label qui produit la musique enregistrée, qui la distribue, en fait la promotion et en protège les droits de reproduction et de diffusion. Les labels sont détenus par des sociétés plus importantes : les fameuses majors de l’industrie discographique. Ces sociétés sont elles-mêmes incluses à des multinationales dont l’activité est protéiforme. Ce qui s’est mis en place ces dernières années, à la suite d’une série de rachats et de fusions, c’est un monopole de l’industrie du disque qui vise à tirer le profit maximal d’artistes connus et à éteindre toute diversité. A côte des majors, et n’en dépendant pas, existent toutefois, survivent souvent, ce qu’on appelle les labels indépendants. Environ 20% de la musique produite l’est par des labels indépendants.

La musique classique est un marché de niche qui n’intéresse pas les majors à l’exception de quelques artistes, éleveur de loup et autres stadistes. Les musiciens classiques existent grâce au bouche à oreille, aux concerts et au réseau de leurs élèves. Ce qui importe dans leur cas ce n’est pas l’objet-disque mais de créer la musique qui les intéresse et d’atteindre le public.

Le développement des nouvelles technologies, ordinateurs personnels, iPod, associé à la connexion Internet à haut débit, ont fait du web la plateforme de diffusion de tous les contenus. Pour ce qui est de la musique, les ventes de supports physiques sont en chute libre depuis plusieurs années, concurrencées par la distribution web, légale ou illégale. Les boutiques de musique en-ligne les plus connues sont les suivantes :

Il est facile d’être présent sur les étagères de ces boutiques au côté des productions des majors, mais la difficulté est d’être disponible dans plusieurs boutiques à la fois. Pour y parvenir, on peut passer par les services d’intermédiaires qui se chargent du référencement de sa musique. Certains d’entre eux proposent également d’assurer la promotion du disque, c’est-à-dire une partie essentielle du travail des majors.

Un disque est réalisé en plusieurs étapes faisant intervenir plusieurs personnes et compétences qui, avec le web, voient leur articulation profondément modifiée : gestion de projet, répétitions, enregistrement, production, packaging, distribution, promotion, etc. Le but poursuivi est lui-même en phase de redéfinition. L’objet-disque a induit un circuit de production-distribution qui est aujourd’hui mis à mal par les nouvelles technologies. C’est maintenant le disque qui n’a peut-être plus d’utilité. Parions que d’ici quelques années, pas plus d’une poignée, le disque paraitra un objet incongru relevant d’un autre âge. Certainement, c’est le statut de l’enregistrement qui s’en trouvera modifié puisque les frontières se seront effacées entre l’enregistrement définitif, arrêté, et les enregistrements de travail, les concerts, le live. C’est l’artiste qui dira dans cette masse d’enregistrements lesquels auront une valeur particulière qu’on osera appeler, juste retour des choses, non plus produit culturel, ce vocable étant employé en raison de l’équivalence entre la distribution des disques et des patates, mais œuvre d’art ou bien chef d’œuvre, chef d’œuvre de l’artiste ou de l’artisan.

C’est pas du blues, mais…

mercredi 19 décembre 2007

Un logiciel tel que Guitar Pro, qui est destiné spécifiquement aux guitaristes, peut-il être d’une quelconque utilité dans un projet comme iberialbeniz ? Il serait intéressant de l’essayer et de comparer son utilisation et ses capacités à Lilypond.

Non.

Sans nier l’intérêt d’un tel logiciel, Guitar Pro ne peut être d’aucune utilité dans un projet comme le notre. D’ailleurs, le suffixe « pro » est trompeur, ce type de produit s’adressant justement à un public d’amateurs ne sachant pas lire la musique (c’est un assistant qui permet de créér facilement une tablature pour guitare). Lilypond est très différent : un logiciel de gravure musicale supposant de la part de l’utilisateur de solides bases en solfège.

La musique d’Albeniz ne saurait être transcrite en tablature qu’au prix d’un apauvrissement considérable et de la perte de toute indication expressive, dynamique, d’articulation et d’accentuation, bref de l’essentiel de ce qui fait sa valeur. L’écrire en tablature reviendrait à lui enveler ses muscles, sa chair et son sang, pour n’en garder que le squelette !

Notre transcription d’Iberia ne peut, hélàs, que s’adresser à des guitaristes confirmés, et surtout à d’excellents musiciens, des artistes capables de traduire avec leur guitare l’immense palette de ce peintre des sons qu’est Isaac Albeniz disciple de Goya, Velasquez et Picasso, pour ne citer que quelques uns de ses compatriotes.

Diffusion

mardi 18 décembre 2007

Le projet en est à son stade initial, celui de la mise au propre de la transcription. C’est le moment de penser et de préparer les étapes suivantes, à savoir l’enregistrement puis la diffusion de la musique, à la fois sous sa forme enregistrée et sous sa forme vivante (concert).

La version enregistrée sera déclinée en plusieurs versions en fonction de son mode de distribution, gratuit ou payant (modérément), et de sa destination, écoute sur balladeur mp3, version métro, jogging, douche, backstage, audiophile, etc. Cela reste à définir dans le détail.

Pour les versions payantes, il faudra mettre en place un système de e-commerce, avec paiement immédiat en-ligne sécurisé. Il y l’option d’utiliser Paypal qui est simple à mettre en oeuvre mais qui oblige les acheteurs à ouvrir un compte Paypal. On peut également envisager d’utiliser le service web de paiement d’Amazon : FPS (Flexible Payment Service) :

The « Pay Now » Widget provides a simple HTML interface allowing anyone to accept Amazon Payments on their Web site. Utilizing Amazon FPS, the « Pay Now » Widget lets you set the price and payment rules, while giving your customer access to a familiar Amazon payment experience and fraud protection.

La diffusion sur le web requerra un espace de stockage bien dimensionné ainsi qu’une bande passante suffisante. Deux options :

  1. Amazon S3 (Simple Storage Service). — Présente l’avantage d’être redimensionnable et de supporter si nécessaire un très grand nombre de transactions.
  2. www.box.net — Suffisant tant que les téléchargements ne deviennent pas stratosphériques.

Triana

mardi 18 décembre 2007

Après l’essai réussi de Évocacion, je m’attaquais à la transcription de Triana. Cette fois il s’agissait du morceau le plus brillant et virtuose du cycle, l’un des plus difficiles de tout le répertoire de piano. En effet la lecture de la partition est impressionnante : guirlandes de notes, fusées, arabesques ; un fouillis dans lequel un chat ne retrouverait pas ses petits, où l’on distingue avec peine une mélodie ou un motif d’accompagnement. Pourtant, à l’oreille, rien de plus charmant que cette musique qui n’est que pure élégance, bonheur et joie de vivre. Avec ces couleurs vives et franches des facades qui bordent le Guadalquivir le long de la calle Betis, et que l’on admire de l’autre côté du fleuve à proximité du pont de Triana.

callebetis.jpg

Tous producteur de disque

lundi 17 décembre 2007

Comme le note un article du Fig d’aujourd’hui, tout le monde peut devenir producteur avec les nouvelles technologies et en s’aidant de certaines plateformes web. Je produis, tu produis, il produit, nous produisons. Je crée, tu crées, etc.

Évocation

lundi 10 décembre 2007

Ma première transcription d’Iberia fut, naturellement, Évocation. Après quelques tentatives infructueuses dans la tonalité de la mineur (l’original étant en la bémol), je me décidais pour le ton de sol. Une guitare est munie d’une scordature en sol, ce qui donne l’accord ouvert ré sol ré sol si mi. Or cet accord n’est autre que l’accord de sixte ajoutée cher aux impressionniste, qui termine -qui signe pourrait-on dire- le premier morceau d’Iberia et le nouveau style d’Albeniz. Avec cette guitare et l’autre munie d’un accord normal, je pouvais obtenir une sonorité pleine et subtile à la fois, riche, profonde, avec ce pianissimo ma sonoro, cette présence lointaine qui est l’essence de la poésie ibérienne, si merveilleusement fragile et si difficile à rendre d’ordinaire.