Archive for janvier, 2008

Bream dream

mercredi 16 janvier 2008

Julian Bream est un artiste, un touche à tout, un défricheur, un visionnaire. Travailleur infatigable, son immense carrière a coincidé avec l’age d’or du disque et il a naturellement travaillé avec les plus grandes compagnies, dont RCA ou EMI. Sa discographie actuelle compte plus de cinquante CD !

Touche à tout, et bien que son père fût guitariste de jazz, il fonde dès la fin des années cinquante, alors que les baroqueux pointent à peine le bout de leur diapason, le Julian Bream Consort, ensemble d’instruments anciens dans lequel il joue du luth et avec lequel il fait connaitre notamment les trésors de la musique élisabéthaine dont John Dowland.

Défricheur, il sollicite les plus grand compositeurs du moment à écrire pour lui et pour la guitare. Il nous lègue ainsi un répertoire inestimable : Benjamen Britten, Hans Werner Henze et Toru Takemitsu pour ne citer que les plus grands.

Visionnaire, le voici dans le Fandango de Boccherini. Il rêve et joue avec son double, son frère jumeau. Il s’amuse et nous nous amusons avec lui. C’est un modèle, il inspire.

EMI licencie

mardi 15 janvier 2008

Tout va pour le mieux dans le meilleur des (petits) mondes de la musique. L’adaptation des majors aux changements technologiques se poursuit. Leur objectif reste de garantir à leurs investisseurs la rentabilité à deux chiffres qu’ils attendent et qu’ils obtiennent ailleurs, dans les autres industries dans lesquelles ils placent leurs capitaux, dans l’électronique grand public, dans le textile, etc. Les variables d’ajustement sont 1° le personnel des maisons de disque et 2° les artistes et leurs productions. On se déleste des uns et des autres. On s’allège pour gagner en agilité.

Cette dépêche de l’AFP illustre ce propos. Ou plutôt le contraire.

LONDRES (AFP) — La maison de disques britannique EMI, qui appartient au fonds d’investissement Terra Firma, a annoncé mardi qu’elle allait adopter un plan de réduction des coûts qui passerait par la suppression de 1.500 à 2.000 emplois dans le monde, soit environ un tiers de ses effectifs.

Ces mesures sont comprises dans un plan général de restructuration de la troisième maison de disques mondiale, qui vise à la « repositionner » sur le marché du disque, indique EMI dans son communiqué. Elles devraient dégager 200 millions de livres (265 millions d’euros) par an d’économies.

EMI emploie environ 5.500 personnes.

EMI assure que cette restructuration fait suite à une « intense consultation » à l’intérieur du groupe, et que les différentes mesures annoncées « ont pour beaucoup été suggérées par le personnel, les artistes ou leurs managers ».

Le groupe avait accepté en mai dernier d’être racheté par Terra Firma pour 3,2 milliards de livres dette comprise (4,2 milliard d’euros), préférant cette solution à l’insécurité juridique d’une alliance avec son concurrent américain Warner, numéro quatre mondial, avec lequel il avait déjà tenté de s’allier.

EMI est le label de célébrités comme les Beatles, les Rolling Stones, Norah Jones, ou encore Raphaël et Alain Souchon.

Laurel sans Hardy

vendredi 11 janvier 2008

Un concert-type est préparé. Un concert en re-recording. Ce n’est pas un duo amputé de sa moitié. Simon sans Garfunkel, Hutch sans Starsky. Ni le caprice d’un musicien irascible qui se sait incapable de jouer avec l’autre. Ce n’est pas non plus le concert d’un guitariste unijambiste qui danserait le flamenco appuyé sur un dispositif électronique. Pas seulement et tout cela à la fois.

Mon concert est une fantaisie, une sonate quasi una fantasia. Le voyagabondage d’un musicien au pays de ses rêves, le pays de cocagne, des châteaux en Espagne. Une rêverie en forme de road-movie.

On le sait, le guitariste est un éternel voyageur. Il ne tient pas en place ce musicien ambulant, troubadour, voleur de poule, violeur des conventions sociales. Cette fois le voyage est tout intérieur. Voyage romantique, comme le Voyage d’hiver de Schubert, comme les Années de pélerinage de Liszt, années d’oubli, de mort, de renaissance — ce même Liszt à qui le jeune Albeniz rendra visite dans sa retraite de Weimar. Mais Albeniz est un méditerranéen. Il voyage au soleil, il voyage en été. Un été Andalou aux étapes brulantes : Almeria, Triana, Malaga, Jerez. Une rêverie donc, évocation d’un paradis perdu, d’une Andalousie nostalgique. L’autre côté du miroir.

Dans ce miroir, sur scène, se reflètent la guitare, le guitariste. Miroir entre scène et salle, entre le musicien et lui-même, le compositeur et son double. Le miroir est un écran d’ordinateur, pourquoi pas, ou bien un écran vidéo, peu importe, ce qui compte n’est pas là. Ce qui est conté est ailleurs, réfléchi, de l’autre côté du miroir. De la même manière que les sons de la guitare eux-mêmes se dédoublent, se multiplient à travers les différents hauts parleurs, l’image du guitariste est dédoublée et multipliée sur scène.

On ne revient jamais d’un voyage, fût-il intérieur, inchangé. Comme ces thèmes qu’on retrouve imperceptiblement, mais profondément transformés après une longue série de variations. Notre mise en scène d’Iberia a la forme d’un thème varié. Choisissez votre thème : l’amour, la nostalgie, la fête, comme il vous plaira.

Iberia, premier cahier

mercredi 2 janvier 2008

L’année commence bien : le premier cahier d’Iberia pour deux guitares est enfin réalisé, soit trois morceaux : Evocacion, el Puerto et el Corpus en Sevilla. Il en sera bientôt publié des extraits sur le blog, dans une version alpha.

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