Laurel sans Hardy

vendredi 11 janvier 2008

Un concert-type est préparé. Un concert en re-recording. Ce n’est pas un duo amputé de sa moitié. Simon sans Garfunkel, Hutch sans Starsky. Ni le caprice d’un musicien irascible qui se sait incapable de jouer avec l’autre. Ce n’est pas non plus le concert d’un guitariste unijambiste qui danserait le flamenco appuyé sur un dispositif électronique. Pas seulement et tout cela à la fois.

Mon concert est une fantaisie, une sonate quasi una fantasia. Le voyagabondage d’un musicien au pays de ses rêves, le pays de cocagne, des châteaux en Espagne. Une rêverie en forme de road-movie.

On le sait, le guitariste est un éternel voyageur. Il ne tient pas en place ce musicien ambulant, troubadour, voleur de poule, violeur des conventions sociales. Cette fois le voyage est tout intérieur. Voyage romantique, comme le Voyage d’hiver de Schubert, comme les Années de pélerinage de Liszt, années d’oubli, de mort, de renaissance — ce même Liszt à qui le jeune Albeniz rendra visite dans sa retraite de Weimar. Mais Albeniz est un méditerranéen. Il voyage au soleil, il voyage en été. Un été Andalou aux étapes brulantes : Almeria, Triana, Malaga, Jerez. Une rêverie donc, évocation d’un paradis perdu, d’une Andalousie nostalgique. L’autre côté du miroir.

Dans ce miroir, sur scène, se reflètent la guitare, le guitariste. Miroir entre scène et salle, entre le musicien et lui-même, le compositeur et son double. Le miroir est un écran d’ordinateur, pourquoi pas, ou bien un écran vidéo, peu importe, ce qui compte n’est pas là. Ce qui est conté est ailleurs, réfléchi, de l’autre côté du miroir. De la même manière que les sons de la guitare eux-mêmes se dédoublent, se multiplient à travers les différents hauts parleurs, l’image du guitariste est dédoublée et multipliée sur scène.

On ne revient jamais d’un voyage, fût-il intérieur, inchangé. Comme ces thèmes qu’on retrouve imperceptiblement, mais profondément transformés après une longue série de variations. Notre mise en scène d’Iberia a la forme d’un thème varié. Choisissez votre thème : l’amour, la nostalgie, la fête, comme il vous plaira.

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