Archive for février, 2008

Impression à la demande

mardi 26 février 2008

La transcription pour guitare d’Iberia sera imprimable à la demande. Pour cela, on utilisera les services de Lulu qui est un système de POD (Print on demand).

Il y a un article intéressant sur le sujet sur ReadWriteWeb. Lulu a désormais des concurrents :

Certains de ces concurrent ne sont pas des petits joueurs : Amazon par exemple dont le service CreateSpace va au-delà du simple POD… D’abord parce qu’on n’y publie pas seulement des livres mais également des disques audios et des vidéos. Ensuite parce que le circuit de vente est intégré à Amazon, au site de vente d’Amazon ! c’est-à-dire à la plus grande boutique de vente en-ligne au monde. Enfin parce que les livres ne sont pas seulement des livres papier mais également des livres électroniques que l’on peut lire sur le nouvel e-book (tablette électronique, liseuse…) d’Amazon : le Kindle.

De là, on se prend à faire le rêve éveillé de tout musicien, le rêve d’un lutrin électronique connecté sans fil à Internet et donnant accès à la bibliothèque mondiale de toutes les partitions ayant jamais été publiées auxquelles s’ajoutent toutes les partitions auto-publiées, les partitions de travail, celles de mes amis, collègues, étudiants, les miennes.

L’article de ReadWriteWeb cite également une phrase de Steve Job qui a fait couler beaucoup d’encre récemment et qui prédit l’échec du Kindle d’Amazon :

“It doesn’t matter how good or bad the product is, the fact is that people don’t read anymore,” he said. “Forty percent of the people in the U.S. read one book or less last year. The whole conception is flawed at the top because people don’t read anymore.”

Steve Jobs fait l’analyse qu’il est déjà trop tard pour le livre électronique, que les gens ne lisent plus. Et on voit bien qu’il n’a pas tort… Les gens lisent encore mais ce n’est plus la même chose. Le mouvement est lancé. On lira, oui bien sûr, mais certainement pas des livres. Où alors on continuera de dire « livre » pour désigner un objet n’en sera plus tout à fait un, et d’abord au sens d’objet physique. Ce sera le livre de mon blog, mâtiné d’un album photo et d’un clip de mon dernier concert, continuellement actualisé. Ce n’est pas seulement l’impression à la demande, ce sont mes impressions à la demande, en flot continue. Alors à quoi bon le livre ! quand bien même serait-il électronique.

Ces considérations sont du même ordre que celles relatives à l’évolution de la production musicale, la musique qu’on écrit, joue, diffuse, qu’on ballado-écoute. La fusion s’opère sous nos yeux des sphères jusques-là distinctes du public, des auteurs, des interprètes, dans tous les domaines. Ce n’est pas seulement la transparence qui caractérise l’époque, c’est la fusion, c’est la proximité, le tu-et-à-toi généralisé, globalisé. Le village mondial est celui des économies et des communautés humaines. Et comme la respiration enchaîne les phases complémentaires et opposées d’expiration et d’inspiration, il découlera nécessairement de cette proximité de tous à chacun un besoin de distance, de grande distance. On voit dans l’actualité, les Français demander au pouvoir politique ce qui leur faisait horreur hier, des manières policées, de la grandeur, du secret. Pour les musiciens, la scène est le moyen de rétablir cette distance, de se placer à la bonne distance, comme un aimant qui, disposé assez prêt de limaille de fer, commence à animer celle-ci, et qui en même temps est assez éloigné pour ne pas précipiter toute la limaille sur sa surface.

Transparence

mercredi 6 février 2008

Bien. Je suis musicien. J’écoute de la musique, j’en joue, j’en vis, je la vis, et cette vie n’est pas toute dans le jeu, loin s’en faut. Expliquons.

Pour un projet comme iberialbeniz, tout un travail préparatoire est nécessaire, le travail de transcription pour guitare de la partition d’Albeniz. C’est cela, essentiellement, mais pas uniquement. Cette transcription est le préalable à l’exécution de l’œuvre, puis à son enregistrement et à sa diffusion sous toutes les formes imaginables et surtout le concert. Cette transcription a autant de valeur à mes yeux que ce qui suit et qui en dépend. Elle a une valeur propre indépendante de ce qu’elle précède. Et pourtant la transcription est comme un palimpseste. Elle disparait sous l’objet disque, elle est cachée par l’événement concert.

Et si l’on grattait le palimpseste ?

La musique n’échappera pas à l’esprit du temps. Nous vivons à l’ère de la transparence, de la proximité, du friendship généralisé, de la fusion des sphères de sociabilité, l’ami de mon ami, etc. Alors cette partition qui ne regarde que moi, regardons-la et pour commencer montrons-la :

Partition d’Evocation