Archive for the 'diffuson' Category

Lancement d’Iberialbeniz

jeudi 19 février 2009

Le blog iberialbeniz est désormais transféré sur le site www.iberialbeniz.com

En plus du blog, on y trouve :

  • La partition de ma transcription pour deux guitares des douze numéros d’Iberia, soit en téléchargement, soit en impression à la demande.
  • L’enregistrement en téléchargement ou en streaming d’Iberia ; un CD de qualité audiophile peut être envoyé à la demande, et bientôt un disque vinyle collector.
  • Toutes les informations sur le concert IBERIAlbeniz, spectacle pour guitariste(s) live et environnement multimédia.
  • L’actualité du projet
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Guerre des impressions

lundi 31 mars 2008

C’est la guerre de l’impression à la demande (POD). Comme nous l’avons déjà noté, les grandes manœuvres ont déjà commencé. Chacun se place au mieux, lance ses premières attaques. Les gros se font menaçant et les petits tremblent.

Nous avons fait le choix de publier la transcription d’Iberia pour deux guitares au moyen de la plateforme technique Lulu. Les premiers essais sur la première partie de la transcription sont tout à fait concluants. La qualité de l’impression est remarquable. À l’exception de quelques détails qui pourront être corrigés, le rendu dépasse nos espérances. En amont, toute la partie technique, l’envoi des documents à imprimer est simple et efficace. Enfin les délais d’impression et d’acheminement sont rapides.

Que demander maintenant ? Nous savons que nous pourrons auto-éditer une partition de grande qualité grâce au couple Lilypond et Lulu. Le premier nous permet de créer la partition dans le respect des règles de l’art de la typographie musicale, le second d’imprimer une partition de qualité.

À l’étape suivante, nous voudrons diffuser cette partition. L’objectif n’est pas d’en faire commerce mais d’en assurer la diffusion la plus large, la plus ouverte et la plus économique possible. Bien sûr la partition sera disponible dans les librairies musicales que connaissent les guitaristes mais il est essentiel qu’elle soit disponible également en impression à la demande. Lulu le fait très bien. Mais il y a par ailleurs l’incontournable grande librairie en-ligne, Amazon, qui représente 20% du total du marché du livre et la quasi totalité des ventes Internet. Il est souhaitable d’y être. C’était prévu et possible avec un simple ISBN.

Possible jusqu’à aujourd’hui. Et ça ne l’est plus parce qu’Amazon qui dispose de sa propre plate-forme d’édition à la demande, BookSurge, a décidé d’éliminer ses concurrents en abusant de sa situation de quasi-bientôt-monople. Désormais il n’est plus possible de mettre en vente sur Amazon des livres publiés à la demande en dehors de ceux provenant de BookSurge.

La guerre a commencé donc. Il faudra choisir son camp. Il nous reste un peu de temps encore. Le monde merveilleux des nouvelles technologies est la promesse d’un monde ouvert, communiquant, facilitant la création, l’agilité de création pour ceux qui ne ciblent pas le marché de masse. On a vu comment on pouvait s’emparer de ces promesses pour engager un projet comme Iberialbeniz. On voit aussi comment ce monde ouvert de la diffusion libre de musique, de livres, est toujours sous la menace de création de nouveaux monopoles.

Une pétition est disponible en ligne qui dénonce les agissements récents d’Amazon dans le secteur de l’impression à la demande. Signez-la.

Notes de chantier

samedi 29 mars 2008

On s’étonne parfois de trouver sur ce blog, pèle mêle, à la fois des considérations artistiques, des commentaires de l’œuvre Iberia et l’histoire de sa transcription pour guitare, mais aussi des réflexions sur l’actualité et l’avenir des nouvelles technologies.

C’est que le projet Iberialbeniz est multiple. Le concert, ou plutôt le spectacle qui sera créé à Paris début 2009 en est la facette la plus visible. La partie émergée de l’iceberg.

Pour autant, la transcription pour guitare d’Iberia, sa gravure au moyen d’une technologie open-source et son édition en print-on-demand que l’on aurait appelée autrefois « à compte d’auteur » constitue, de l’ensemble du projet, la chose la plus durable. Cette transcription intégrale pour deux guitares constitue, en outre, une première mondiale et, à ce titre, contribuera à l’enrichissement du répertoire.

On l’a dit, le développement des technologies numérique est en train de bouleverser non seulement les habitudes des amateurs de musique, mais aussi le rapport des musiciens professionnels à leur métier. Dans ce projet Iberialbeniz je suis non seulement guitariste, mais aussi producteur d’une tournée et d’un enregistrement, graveur et éditeur de musique.

Et nous voilà paradoxalement revenus à la situation ancienne où tel musicien de la renaissance était à la fois poète, professeur, baladin, mais aussi luthier, éditeur. Son espace était relativement réduit : la cour d’un prince, le château d’un seigneur, un village, une ville. Aujourd’hui le musicien est entré dans la sphère internet, dans le cybermonde. Il est partout et nulle part. Il a besoin d’une boussole pour s’y retrouver.

Ce blog est donc un chantier, un espace de réflexion. Le site http://www.iberialbeniz.com qui verra bientôt le jour pourrait être un modèle de site collaboratif, de web social dédié aux musiciens qu’on appelle « classiques » même s’il sont parfois improvisateurs, créateurs d’art contemporain ou chercheurs en musique ancienne.

Impression à la demande

mardi 26 février 2008

La transcription pour guitare d’Iberia sera imprimable à la demande. Pour cela, on utilisera les services de Lulu qui est un système de POD (Print on demand).

Il y a un article intéressant sur le sujet sur ReadWriteWeb. Lulu a désormais des concurrents :

Certains de ces concurrent ne sont pas des petits joueurs : Amazon par exemple dont le service CreateSpace va au-delà du simple POD… D’abord parce qu’on n’y publie pas seulement des livres mais également des disques audios et des vidéos. Ensuite parce que le circuit de vente est intégré à Amazon, au site de vente d’Amazon ! c’est-à-dire à la plus grande boutique de vente en-ligne au monde. Enfin parce que les livres ne sont pas seulement des livres papier mais également des livres électroniques que l’on peut lire sur le nouvel e-book (tablette électronique, liseuse…) d’Amazon : le Kindle.

De là, on se prend à faire le rêve éveillé de tout musicien, le rêve d’un lutrin électronique connecté sans fil à Internet et donnant accès à la bibliothèque mondiale de toutes les partitions ayant jamais été publiées auxquelles s’ajoutent toutes les partitions auto-publiées, les partitions de travail, celles de mes amis, collègues, étudiants, les miennes.

L’article de ReadWriteWeb cite également une phrase de Steve Job qui a fait couler beaucoup d’encre récemment et qui prédit l’échec du Kindle d’Amazon :

“It doesn’t matter how good or bad the product is, the fact is that people don’t read anymore,” he said. “Forty percent of the people in the U.S. read one book or less last year. The whole conception is flawed at the top because people don’t read anymore.”

Steve Jobs fait l’analyse qu’il est déjà trop tard pour le livre électronique, que les gens ne lisent plus. Et on voit bien qu’il n’a pas tort… Les gens lisent encore mais ce n’est plus la même chose. Le mouvement est lancé. On lira, oui bien sûr, mais certainement pas des livres. Où alors on continuera de dire « livre » pour désigner un objet n’en sera plus tout à fait un, et d’abord au sens d’objet physique. Ce sera le livre de mon blog, mâtiné d’un album photo et d’un clip de mon dernier concert, continuellement actualisé. Ce n’est pas seulement l’impression à la demande, ce sont mes impressions à la demande, en flot continue. Alors à quoi bon le livre ! quand bien même serait-il électronique.

Ces considérations sont du même ordre que celles relatives à l’évolution de la production musicale, la musique qu’on écrit, joue, diffuse, qu’on ballado-écoute. La fusion s’opère sous nos yeux des sphères jusques-là distinctes du public, des auteurs, des interprètes, dans tous les domaines. Ce n’est pas seulement la transparence qui caractérise l’époque, c’est la fusion, c’est la proximité, le tu-et-à-toi généralisé, globalisé. Le village mondial est celui des économies et des communautés humaines. Et comme la respiration enchaîne les phases complémentaires et opposées d’expiration et d’inspiration, il découlera nécessairement de cette proximité de tous à chacun un besoin de distance, de grande distance. On voit dans l’actualité, les Français demander au pouvoir politique ce qui leur faisait horreur hier, des manières policées, de la grandeur, du secret. Pour les musiciens, la scène est le moyen de rétablir cette distance, de se placer à la bonne distance, comme un aimant qui, disposé assez prêt de limaille de fer, commence à animer celle-ci, et qui en même temps est assez éloigné pour ne pas précipiter toute la limaille sur sa surface.

EMI licencie

mardi 15 janvier 2008

Tout va pour le mieux dans le meilleur des (petits) mondes de la musique. L’adaptation des majors aux changements technologiques se poursuit. Leur objectif reste de garantir à leurs investisseurs la rentabilité à deux chiffres qu’ils attendent et qu’ils obtiennent ailleurs, dans les autres industries dans lesquelles ils placent leurs capitaux, dans l’électronique grand public, dans le textile, etc. Les variables d’ajustement sont 1° le personnel des maisons de disque et 2° les artistes et leurs productions. On se déleste des uns et des autres. On s’allège pour gagner en agilité.

Cette dépêche de l’AFP illustre ce propos. Ou plutôt le contraire.

LONDRES (AFP) — La maison de disques britannique EMI, qui appartient au fonds d’investissement Terra Firma, a annoncé mardi qu’elle allait adopter un plan de réduction des coûts qui passerait par la suppression de 1.500 à 2.000 emplois dans le monde, soit environ un tiers de ses effectifs.

Ces mesures sont comprises dans un plan général de restructuration de la troisième maison de disques mondiale, qui vise à la « repositionner » sur le marché du disque, indique EMI dans son communiqué. Elles devraient dégager 200 millions de livres (265 millions d’euros) par an d’économies.

EMI emploie environ 5.500 personnes.

EMI assure que cette restructuration fait suite à une « intense consultation » à l’intérieur du groupe, et que les différentes mesures annoncées « ont pour beaucoup été suggérées par le personnel, les artistes ou leurs managers ».

Le groupe avait accepté en mai dernier d’être racheté par Terra Firma pour 3,2 milliards de livres dette comprise (4,2 milliard d’euros), préférant cette solution à l’insécurité juridique d’une alliance avec son concurrent américain Warner, numéro quatre mondial, avec lequel il avait déjà tenté de s’allier.

EMI est le label de célébrités comme les Beatles, les Rolling Stones, Norah Jones, ou encore Raphaël et Alain Souchon.

David Byrne

dimanche 30 décembre 2007

David Byrne, des Talking Head, explique dans Wired les évolutions du business de la musique.

Boutique en-ligne Deutche Grammophon

vendredi 21 décembre 2007

La musique classique a sa boutique de vente de disques en ligne. Deutche Gramophon l’a fait. Est-ce vraiment une surprise de voir cette vénérable maison, ce temple du conservatisme musical, prendre en marche le train des nouvelle technologies ? On y remplit son caddy de CD, mais aussi de MP3 320 (façon plaisante de mettre en avant la qualité du mp3). De là, on peut rebondir sur un site de marchandising qui propose des goodies de Lang Lang, le Che Guevara de la musique classique.

Mais respectons l’avenir qui est tout élégance, grâce et beauté :

Distribution

jeudi 20 décembre 2007

Comment distribuer sa musique de façon indépendante, sans passer donc par les majors de l’industrie discographique ?

Habituellement, les musiciens distribuent leur musique par l’intermédiaire d’un label qui produit la musique enregistrée, qui la distribue, en fait la promotion et en protège les droits de reproduction et de diffusion. Les labels sont détenus par des sociétés plus importantes : les fameuses majors de l’industrie discographique. Ces sociétés sont elles-mêmes incluses à des multinationales dont l’activité est protéiforme. Ce qui s’est mis en place ces dernières années, à la suite d’une série de rachats et de fusions, c’est un monopole de l’industrie du disque qui vise à tirer le profit maximal d’artistes connus et à éteindre toute diversité. A côte des majors, et n’en dépendant pas, existent toutefois, survivent souvent, ce qu’on appelle les labels indépendants. Environ 20% de la musique produite l’est par des labels indépendants.

La musique classique est un marché de niche qui n’intéresse pas les majors à l’exception de quelques artistes, éleveur de loup et autres stadistes. Les musiciens classiques existent grâce au bouche à oreille, aux concerts et au réseau de leurs élèves. Ce qui importe dans leur cas ce n’est pas l’objet-disque mais de créer la musique qui les intéresse et d’atteindre le public.

Le développement des nouvelles technologies, ordinateurs personnels, iPod, associé à la connexion Internet à haut débit, ont fait du web la plateforme de diffusion de tous les contenus. Pour ce qui est de la musique, les ventes de supports physiques sont en chute libre depuis plusieurs années, concurrencées par la distribution web, légale ou illégale. Les boutiques de musique en-ligne les plus connues sont les suivantes :

Il est facile d’être présent sur les étagères de ces boutiques au côté des productions des majors, mais la difficulté est d’être disponible dans plusieurs boutiques à la fois. Pour y parvenir, on peut passer par les services d’intermédiaires qui se chargent du référencement de sa musique. Certains d’entre eux proposent également d’assurer la promotion du disque, c’est-à-dire une partie essentielle du travail des majors.

Un disque est réalisé en plusieurs étapes faisant intervenir plusieurs personnes et compétences qui, avec le web, voient leur articulation profondément modifiée : gestion de projet, répétitions, enregistrement, production, packaging, distribution, promotion, etc. Le but poursuivi est lui-même en phase de redéfinition. L’objet-disque a induit un circuit de production-distribution qui est aujourd’hui mis à mal par les nouvelles technologies. C’est maintenant le disque qui n’a peut-être plus d’utilité. Parions que d’ici quelques années, pas plus d’une poignée, le disque paraitra un objet incongru relevant d’un autre âge. Certainement, c’est le statut de l’enregistrement qui s’en trouvera modifié puisque les frontières se seront effacées entre l’enregistrement définitif, arrêté, et les enregistrements de travail, les concerts, le live. C’est l’artiste qui dira dans cette masse d’enregistrements lesquels auront une valeur particulière qu’on osera appeler, juste retour des choses, non plus produit culturel, ce vocable étant employé en raison de l’équivalence entre la distribution des disques et des patates, mais œuvre d’art ou bien chef d’œuvre, chef d’œuvre de l’artiste ou de l’artisan.