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Lancement d’Iberialbeniz

jeudi 19 février 2009

Le blog iberialbeniz est désormais transféré sur le site www.iberialbeniz.com

En plus du blog, on y trouve :

  • La partition de ma transcription pour deux guitares des douze numéros d’Iberia, soit en téléchargement, soit en impression à la demande.
  • L’enregistrement en téléchargement ou en streaming d’Iberia ; un CD de qualité audiophile peut être envoyé à la demande, et bientôt un disque vinyle collector.
  • Toutes les informations sur le concert IBERIAlbeniz, spectacle pour guitariste(s) live et environnement multimédia.
  • L’actualité du projet

Première réalisation

vendredi 2 mai 2008

L’édition du premier cahier d’Iberia est presque terminée et la partition sera bientôt en vente et téléchargeable sur http://www.iberialbeniz.fr

Cette publication, fruit de nombreuses années de recherche et de travail, fait partie du projet iberialbeniz – transcription, enregistrement et concert, à l’occasion du centenaire du compositeur.

La transcription a été réalisée à partir du manuscrit autographe reproduit en fac-similé par les éditions EMEC, et de l’édition originale Édition Mutuelle à Paris de 1906-07 réimprimée par Dover. Cette dernière version présentait cependant de nombreuses erreurs qui ont été corrigées à l’examen minutieux du manuscrit.

Afin d’établir une partition dont la gravure musicale soit la plus fidèle possible à la typographie originale, j’ai utilisé le logiciel libre Lilypond (http://lilypond.org). Lilypond est capable d’imprimer la musique selon les règles de l’art de la gravure traditionnelle, avec une mise en forme automatisée au maximum. Je salue et remercie ici toute l’équipe de Lilypond.

Suivant l’exemple d’Albeniz lui même, je n’ai pas voulu ajouter mes doigtés personnels à un texte déjà particulièrement chargé, sauf dans le cas de certains passages particulièrement délicats, ou bien quand la réalisation sonore et musicale impliquait obligatoirement une certaine technique. En revanche, les indications expressives, dynamiques et les articulations originales ont été scrupuleusement reproduites.

Dans le cadre d’une intégrale du cycle Iberia, j’aurais aimé dans ma transcription conserver les tonalités originales. Mais les impératifs de la tessiture instrumentale m’ont conduits à transposer certains morceaux. Par exemple, Jerez avec son mode de Mi semblait devoir s’adapter parfaitement à la guitare. Or la transposition à la quarte supérieure s’est finalement imposée comme une meilleure solution, grâce aux scordatures en Fa et en Ré. De même Eritana est passé en La majeur, tonalité traditionnelle des sévillanes à la guitare. Les trois pièces du deuxième cahier sont restées dans les tons originaux.

Je remercie tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à la réussite de ce projet : Marcelo de la Puebla sans qui l’idée d’une intégrale pour guitare d’Iberia n’aurait peut-être pas vu le jour, Marie Langlet pour la relecture et la mise au propre des manuscrits, Frédéric Demians et Matthieu Jacquot pour leur aide sur Lilypond ainsi que Alexandros Markéas, Elisabeth de la Genardière, Bruno Ory Lavollée et Roland Dyens pour leurs conseils, soutien et encouragements.

Je dédie ce travail à mon maitre Alberto Ponce.

Guerre des impressions

lundi 31 mars 2008

C’est la guerre de l’impression à la demande (POD). Comme nous l’avons déjà noté, les grandes manœuvres ont déjà commencé. Chacun se place au mieux, lance ses premières attaques. Les gros se font menaçant et les petits tremblent.

Nous avons fait le choix de publier la transcription d’Iberia pour deux guitares au moyen de la plateforme technique Lulu. Les premiers essais sur la première partie de la transcription sont tout à fait concluants. La qualité de l’impression est remarquable. À l’exception de quelques détails qui pourront être corrigés, le rendu dépasse nos espérances. En amont, toute la partie technique, l’envoi des documents à imprimer est simple et efficace. Enfin les délais d’impression et d’acheminement sont rapides.

Que demander maintenant ? Nous savons que nous pourrons auto-éditer une partition de grande qualité grâce au couple Lilypond et Lulu. Le premier nous permet de créer la partition dans le respect des règles de l’art de la typographie musicale, le second d’imprimer une partition de qualité.

À l’étape suivante, nous voudrons diffuser cette partition. L’objectif n’est pas d’en faire commerce mais d’en assurer la diffusion la plus large, la plus ouverte et la plus économique possible. Bien sûr la partition sera disponible dans les librairies musicales que connaissent les guitaristes mais il est essentiel qu’elle soit disponible également en impression à la demande. Lulu le fait très bien. Mais il y a par ailleurs l’incontournable grande librairie en-ligne, Amazon, qui représente 20% du total du marché du livre et la quasi totalité des ventes Internet. Il est souhaitable d’y être. C’était prévu et possible avec un simple ISBN.

Possible jusqu’à aujourd’hui. Et ça ne l’est plus parce qu’Amazon qui dispose de sa propre plate-forme d’édition à la demande, BookSurge, a décidé d’éliminer ses concurrents en abusant de sa situation de quasi-bientôt-monople. Désormais il n’est plus possible de mettre en vente sur Amazon des livres publiés à la demande en dehors de ceux provenant de BookSurge.

La guerre a commencé donc. Il faudra choisir son camp. Il nous reste un peu de temps encore. Le monde merveilleux des nouvelles technologies est la promesse d’un monde ouvert, communiquant, facilitant la création, l’agilité de création pour ceux qui ne ciblent pas le marché de masse. On a vu comment on pouvait s’emparer de ces promesses pour engager un projet comme Iberialbeniz. On voit aussi comment ce monde ouvert de la diffusion libre de musique, de livres, est toujours sous la menace de création de nouveaux monopoles.

Une pétition est disponible en ligne qui dénonce les agissements récents d’Amazon dans le secteur de l’impression à la demande. Signez-la.

Notes de chantier

samedi 29 mars 2008

On s’étonne parfois de trouver sur ce blog, pèle mêle, à la fois des considérations artistiques, des commentaires de l’œuvre Iberia et l’histoire de sa transcription pour guitare, mais aussi des réflexions sur l’actualité et l’avenir des nouvelles technologies.

C’est que le projet Iberialbeniz est multiple. Le concert, ou plutôt le spectacle qui sera créé à Paris début 2009 en est la facette la plus visible. La partie émergée de l’iceberg.

Pour autant, la transcription pour guitare d’Iberia, sa gravure au moyen d’une technologie open-source et son édition en print-on-demand que l’on aurait appelée autrefois « à compte d’auteur » constitue, de l’ensemble du projet, la chose la plus durable. Cette transcription intégrale pour deux guitares constitue, en outre, une première mondiale et, à ce titre, contribuera à l’enrichissement du répertoire.

On l’a dit, le développement des technologies numérique est en train de bouleverser non seulement les habitudes des amateurs de musique, mais aussi le rapport des musiciens professionnels à leur métier. Dans ce projet Iberialbeniz je suis non seulement guitariste, mais aussi producteur d’une tournée et d’un enregistrement, graveur et éditeur de musique.

Et nous voilà paradoxalement revenus à la situation ancienne où tel musicien de la renaissance était à la fois poète, professeur, baladin, mais aussi luthier, éditeur. Son espace était relativement réduit : la cour d’un prince, le château d’un seigneur, un village, une ville. Aujourd’hui le musicien est entré dans la sphère internet, dans le cybermonde. Il est partout et nulle part. Il a besoin d’une boussole pour s’y retrouver.

Ce blog est donc un chantier, un espace de réflexion. Le site http://www.iberialbeniz.com qui verra bientôt le jour pourrait être un modèle de site collaboratif, de web social dédié aux musiciens qu’on appelle « classiques » même s’il sont parfois improvisateurs, créateurs d’art contemporain ou chercheurs en musique ancienne.

Impression à la demande

mardi 26 février 2008

La transcription pour guitare d’Iberia sera imprimable à la demande. Pour cela, on utilisera les services de Lulu qui est un système de POD (Print on demand).

Il y a un article intéressant sur le sujet sur ReadWriteWeb. Lulu a désormais des concurrents :

Certains de ces concurrent ne sont pas des petits joueurs : Amazon par exemple dont le service CreateSpace va au-delà du simple POD… D’abord parce qu’on n’y publie pas seulement des livres mais également des disques audios et des vidéos. Ensuite parce que le circuit de vente est intégré à Amazon, au site de vente d’Amazon ! c’est-à-dire à la plus grande boutique de vente en-ligne au monde. Enfin parce que les livres ne sont pas seulement des livres papier mais également des livres électroniques que l’on peut lire sur le nouvel e-book (tablette électronique, liseuse…) d’Amazon : le Kindle.

De là, on se prend à faire le rêve éveillé de tout musicien, le rêve d’un lutrin électronique connecté sans fil à Internet et donnant accès à la bibliothèque mondiale de toutes les partitions ayant jamais été publiées auxquelles s’ajoutent toutes les partitions auto-publiées, les partitions de travail, celles de mes amis, collègues, étudiants, les miennes.

L’article de ReadWriteWeb cite également une phrase de Steve Job qui a fait couler beaucoup d’encre récemment et qui prédit l’échec du Kindle d’Amazon :

“It doesn’t matter how good or bad the product is, the fact is that people don’t read anymore,” he said. “Forty percent of the people in the U.S. read one book or less last year. The whole conception is flawed at the top because people don’t read anymore.”

Steve Jobs fait l’analyse qu’il est déjà trop tard pour le livre électronique, que les gens ne lisent plus. Et on voit bien qu’il n’a pas tort… Les gens lisent encore mais ce n’est plus la même chose. Le mouvement est lancé. On lira, oui bien sûr, mais certainement pas des livres. Où alors on continuera de dire « livre » pour désigner un objet n’en sera plus tout à fait un, et d’abord au sens d’objet physique. Ce sera le livre de mon blog, mâtiné d’un album photo et d’un clip de mon dernier concert, continuellement actualisé. Ce n’est pas seulement l’impression à la demande, ce sont mes impressions à la demande, en flot continue. Alors à quoi bon le livre ! quand bien même serait-il électronique.

Ces considérations sont du même ordre que celles relatives à l’évolution de la production musicale, la musique qu’on écrit, joue, diffuse, qu’on ballado-écoute. La fusion s’opère sous nos yeux des sphères jusques-là distinctes du public, des auteurs, des interprètes, dans tous les domaines. Ce n’est pas seulement la transparence qui caractérise l’époque, c’est la fusion, c’est la proximité, le tu-et-à-toi généralisé, globalisé. Le village mondial est celui des économies et des communautés humaines. Et comme la respiration enchaîne les phases complémentaires et opposées d’expiration et d’inspiration, il découlera nécessairement de cette proximité de tous à chacun un besoin de distance, de grande distance. On voit dans l’actualité, les Français demander au pouvoir politique ce qui leur faisait horreur hier, des manières policées, de la grandeur, du secret. Pour les musiciens, la scène est le moyen de rétablir cette distance, de se placer à la bonne distance, comme un aimant qui, disposé assez prêt de limaille de fer, commence à animer celle-ci, et qui en même temps est assez éloigné pour ne pas précipiter toute la limaille sur sa surface.

Transparence

mercredi 6 février 2008

Bien. Je suis musicien. J’écoute de la musique, j’en joue, j’en vis, je la vis, et cette vie n’est pas toute dans le jeu, loin s’en faut. Expliquons.

Pour un projet comme iberialbeniz, tout un travail préparatoire est nécessaire, le travail de transcription pour guitare de la partition d’Albeniz. C’est cela, essentiellement, mais pas uniquement. Cette transcription est le préalable à l’exécution de l’œuvre, puis à son enregistrement et à sa diffusion sous toutes les formes imaginables et surtout le concert. Cette transcription a autant de valeur à mes yeux que ce qui suit et qui en dépend. Elle a une valeur propre indépendante de ce qu’elle précède. Et pourtant la transcription est comme un palimpseste. Elle disparait sous l’objet disque, elle est cachée par l’événement concert.

Et si l’on grattait le palimpseste ?

La musique n’échappera pas à l’esprit du temps. Nous vivons à l’ère de la transparence, de la proximité, du friendship généralisé, de la fusion des sphères de sociabilité, l’ami de mon ami, etc. Alors cette partition qui ne regarde que moi, regardons-la et pour commencer montrons-la :

Partition d’Evocation

Iberia, premier cahier

mercredi 2 janvier 2008

L’année commence bien : le premier cahier d’Iberia pour deux guitares est enfin réalisé, soit trois morceaux : Evocacion, el Puerto et el Corpus en Sevilla. Il en sera bientôt publié des extraits sur le blog, dans une version alpha.

Une page

C’est pas du blues, mais…

mercredi 19 décembre 2007

Un logiciel tel que Guitar Pro, qui est destiné spécifiquement aux guitaristes, peut-il être d’une quelconque utilité dans un projet comme iberialbeniz ? Il serait intéressant de l’essayer et de comparer son utilisation et ses capacités à Lilypond.

Non.

Sans nier l’intérêt d’un tel logiciel, Guitar Pro ne peut être d’aucune utilité dans un projet comme le notre. D’ailleurs, le suffixe « pro » est trompeur, ce type de produit s’adressant justement à un public d’amateurs ne sachant pas lire la musique (c’est un assistant qui permet de créér facilement une tablature pour guitare). Lilypond est très différent : un logiciel de gravure musicale supposant de la part de l’utilisateur de solides bases en solfège.

La musique d’Albeniz ne saurait être transcrite en tablature qu’au prix d’un apauvrissement considérable et de la perte de toute indication expressive, dynamique, d’articulation et d’accentuation, bref de l’essentiel de ce qui fait sa valeur. L’écrire en tablature reviendrait à lui enveler ses muscles, sa chair et son sang, pour n’en garder que le squelette !

Notre transcription d’Iberia ne peut, hélàs, que s’adresser à des guitaristes confirmés, et surtout à d’excellents musiciens, des artistes capables de traduire avec leur guitare l’immense palette de ce peintre des sons qu’est Isaac Albeniz disciple de Goya, Velasquez et Picasso, pour ne citer que quelques uns de ses compatriotes.

C’est parti

samedi 10 novembre 2007

Le projet est lancé !