Archive for the 'veille' Category

Notes de chantier

samedi 29 mars 2008

On s’étonne parfois de trouver sur ce blog, pèle mêle, à la fois des considérations artistiques, des commentaires de l’œuvre Iberia et l’histoire de sa transcription pour guitare, mais aussi des réflexions sur l’actualité et l’avenir des nouvelles technologies.

C’est que le projet Iberialbeniz est multiple. Le concert, ou plutôt le spectacle qui sera créé à Paris début 2009 en est la facette la plus visible. La partie émergée de l’iceberg.

Pour autant, la transcription pour guitare d’Iberia, sa gravure au moyen d’une technologie open-source et son édition en print-on-demand que l’on aurait appelée autrefois « à compte d’auteur » constitue, de l’ensemble du projet, la chose la plus durable. Cette transcription intégrale pour deux guitares constitue, en outre, une première mondiale et, à ce titre, contribuera à l’enrichissement du répertoire.

On l’a dit, le développement des technologies numérique est en train de bouleverser non seulement les habitudes des amateurs de musique, mais aussi le rapport des musiciens professionnels à leur métier. Dans ce projet Iberialbeniz je suis non seulement guitariste, mais aussi producteur d’une tournée et d’un enregistrement, graveur et éditeur de musique.

Et nous voilà paradoxalement revenus à la situation ancienne où tel musicien de la renaissance était à la fois poète, professeur, baladin, mais aussi luthier, éditeur. Son espace était relativement réduit : la cour d’un prince, le château d’un seigneur, un village, une ville. Aujourd’hui le musicien est entré dans la sphère internet, dans le cybermonde. Il est partout et nulle part. Il a besoin d’une boussole pour s’y retrouver.

Ce blog est donc un chantier, un espace de réflexion. Le site http://www.iberialbeniz.com qui verra bientôt le jour pourrait être un modèle de site collaboratif, de web social dédié aux musiciens qu’on appelle « classiques » même s’il sont parfois improvisateurs, créateurs d’art contemporain ou chercheurs en musique ancienne.

EMI licencie

mardi 15 janvier 2008

Tout va pour le mieux dans le meilleur des (petits) mondes de la musique. L’adaptation des majors aux changements technologiques se poursuit. Leur objectif reste de garantir à leurs investisseurs la rentabilité à deux chiffres qu’ils attendent et qu’ils obtiennent ailleurs, dans les autres industries dans lesquelles ils placent leurs capitaux, dans l’électronique grand public, dans le textile, etc. Les variables d’ajustement sont 1° le personnel des maisons de disque et 2° les artistes et leurs productions. On se déleste des uns et des autres. On s’allège pour gagner en agilité.

Cette dépêche de l’AFP illustre ce propos. Ou plutôt le contraire.

LONDRES (AFP) — La maison de disques britannique EMI, qui appartient au fonds d’investissement Terra Firma, a annoncé mardi qu’elle allait adopter un plan de réduction des coûts qui passerait par la suppression de 1.500 à 2.000 emplois dans le monde, soit environ un tiers de ses effectifs.

Ces mesures sont comprises dans un plan général de restructuration de la troisième maison de disques mondiale, qui vise à la « repositionner » sur le marché du disque, indique EMI dans son communiqué. Elles devraient dégager 200 millions de livres (265 millions d’euros) par an d’économies.

EMI emploie environ 5.500 personnes.

EMI assure que cette restructuration fait suite à une « intense consultation » à l’intérieur du groupe, et que les différentes mesures annoncées « ont pour beaucoup été suggérées par le personnel, les artistes ou leurs managers ».

Le groupe avait accepté en mai dernier d’être racheté par Terra Firma pour 3,2 milliards de livres dette comprise (4,2 milliard d’euros), préférant cette solution à l’insécurité juridique d’une alliance avec son concurrent américain Warner, numéro quatre mondial, avec lequel il avait déjà tenté de s’allier.

EMI est le label de célébrités comme les Beatles, les Rolling Stones, Norah Jones, ou encore Raphaël et Alain Souchon.

Diffusion

mardi 18 décembre 2007

Le projet en est à son stade initial, celui de la mise au propre de la transcription. C’est le moment de penser et de préparer les étapes suivantes, à savoir l’enregistrement puis la diffusion de la musique, à la fois sous sa forme enregistrée et sous sa forme vivante (concert).

La version enregistrée sera déclinée en plusieurs versions en fonction de son mode de distribution, gratuit ou payant (modérément), et de sa destination, écoute sur balladeur mp3, version métro, jogging, douche, backstage, audiophile, etc. Cela reste à définir dans le détail.

Pour les versions payantes, il faudra mettre en place un système de e-commerce, avec paiement immédiat en-ligne sécurisé. Il y l’option d’utiliser Paypal qui est simple à mettre en oeuvre mais qui oblige les acheteurs à ouvrir un compte Paypal. On peut également envisager d’utiliser le service web de paiement d’Amazon : FPS (Flexible Payment Service) :

The « Pay Now » Widget provides a simple HTML interface allowing anyone to accept Amazon Payments on their Web site. Utilizing Amazon FPS, the « Pay Now » Widget lets you set the price and payment rules, while giving your customer access to a familiar Amazon payment experience and fraud protection.

La diffusion sur le web requerra un espace de stockage bien dimensionné ainsi qu’une bande passante suffisante. Deux options :

  1. Amazon S3 (Simple Storage Service). — Présente l’avantage d’être redimensionnable et de supporter si nécessaire un très grand nombre de transactions.
  2. www.box.net — Suffisant tant que les téléchargements ne deviennent pas stratosphériques.

Tous producteur de disque

lundi 17 décembre 2007

Comme le note un article du Fig d’aujourd’hui, tout le monde peut devenir producteur avec les nouvelles technologies et en s’aidant de certaines plateformes web. Je produis, tu produis, il produit, nous produisons. Je crée, tu crées, etc.

Artisan, bis

dimanche 18 novembre 2007

Le modèle du musicien classique, c’est Haydn. Joseph Haydn qui, en 1791, a l’audace de répondre à l’invitation de l’impressario Salomon, lui même musicien ; et quitte sa position avantageuse de musicien attaché au prince Esterhazy pour s’aventurer à Londres.

Haydn accepte les termes du contrat suivant : il s’engage à faire le voyage à Londres pour y diriger vingt concerts, comportant chacun une première audition d’une œuvre de lui. De plus, il devait composer un opéra pour l’impressario Gallini et six symphonies pour les concerts Salomon. Il recevrait trois cents livres sterling pour l’opéra, autant pour les six symphonies, deux cents pour le copyright, deux cents pour sa participation aux vingt concerts et deux cents de garantie sur les bénéfices.

À la création de la symphonie n° 104 lors du second voyage à Londres en 1795, Haydn pouvais noter dans ses carnets : « une nouvelle symphonie en ré, la douzième et dernière des anglaises… L’auditoire était très satisfait, et moi aussi. Cette soirée m’a rapporté 4000 florins. Une telle chose n’est possible qu’en Angleterre ». La pension annuelle qu’Haydn touchait alors de la famille Esterhazy était de 1000 florins.

Artisan

samedi 17 novembre 2007

Les musiciens classiques sont des artisans. En tant que tels, les musiciens sont porteurs d’un savoir-faire, d’un métier, d’un talent, d’un goût pour la tradition et la création. Comme les artisans, les musiciens maîtrisent parfaitement leur art. Ils expriment les idées de leur temps, les aspirations et l’esprit de leurs contemporains. Comme les artisans, les musiciens ont à être ambitieux s’ils veulent développer leur commerce, élargir leur clientèle (leur public). Et comme pour les artisans, l’ambition des musiciens requiert des moyens — les moyens de ses ambitions. À savoir, en plus de ce qui fait l’artiste et qui a été dit pour commencer, le métier, le savoir-faire, etc., les musiciens ont besoin de capitaux, d’une logistique, de circuits de distribution, de concerts, d’intermédiaires qui les représentent et les présentent au public.

P2P encore

vendredi 16 novembre 2007

Lu dans l’éditorial du dernier numéro de Guitare Classique :

Rendez-vous compte de la révolution lancée par l’ère du numérique. Plus d’objets-disques, plus de jaquettes, plus de distributeurs, mais des musiques et images à télécharger (…) Que de bouleversements dans les habitudes de consommation musicale depuis l’apparition du microsillon en 1948, avant que lui-même soit supplanté par l’avènement du disque vinyle, de la cassette audio, puis du CD au début des années 1980.

P2P

jeudi 15 novembre 2007

Lors d’un congrès de téléphonie mobile, le président et directeur de la Warner, Edgar Bronfman a reconnu sur scène que l’industrie de la musique n’avait pas eu la réaction qui convenait face aux changements des usages de ses clients :

Nous nous sommes trompés… nous avons cru que notre contenu se suffisait à lui-même. Nous avons pensé que notre business ne serait pas affecté par le monde de l’interactivité, de la connexion permanente et du partage de fichiers. Nous avons eu tort, comment ? En restant immobiles ou en avançant trop lentement, nous sommes rentrés en guerre avec les consommateurs en refusant de voir ce qu’ils désiraient et le résultat est qu’ils ont gagné.

Le consommateur est roi donc. Le nouveau roi. Un roi confondu avec ses sujets, les « producteurs de contenu ». On eût dit jadis les musiciens, les artistes, les interprètes, les compositeurs. Mais ce serait aujourd’hui un abus de langage. Reste à choisir les termes appropriés et à s’entendre sur les définitions. S’il n’y a plus finalement ni roi ni sujet, si le régime démocratique n’en finit pas de s’étendre, prenons le pari à cent contre un que la distance entre le public et les musiciens finira de se combler dans les meilleurs délais. L’internet est le règne de la sociabilité amicale généralisée, de la tape dans le dos, du bien être à tu et à toi. D’autres le regretteront, ailleurs. Ici on s’en réjouira.

songza.com

jeudi 15 novembre 2007

Songza est nouveau moteur de recherche de musique sur Internet.

  • C’est un moteur de recherche. — On tape un titre, un musicien, un compositeur, dans une boîte de recherche unique à la google, et on obtient un résultat immédiatement, dans la même page que celle dans laquelle on a lancé la recherche.
  • C’est un jukebox. — Les titres retrouvées sont joués directement dans la page de résultat. Pas la peine de lancer une application supplémentaire, de télécharger un fichier etc.
  • La musique retrouvée est celle disponible gratuitement sur youtube. La bande son est séparée de la vidéo. Dans la page de résultat, il y a un lien vers http://google.com/musicsearch avec le titre en paramètre. C’est sans doute le modèle économique de songza.com. Le site amène les internautes vers certains sites d’achat de musique en-ligne.

Autres sites :